jeudi 30 juillet 2009
Un texte autobiographique : le repas du dimanche midi chez mes grands parents
Je
veux d’abord me souvenir avec vous de la vie sur la terrasse, nous y étions
tous les dimanches d’été et quelques dimanches de printemps cléments rassemblés
en famille comme dans une nouvelle pièce à vivre. Nous arrivions avec mes
parents sur les coups de onze heures ou midi en général.
On
y prenait l’apéro, les adultes discutaient, tandis que nous étions ma sœur et
moi soit sur les genoux des uns et des autres à écouter sans toujours les
comprendre les conversations, soit occupés à nos jeux respectifs à l’autre bout
de la terrasse.
Ensuite,
indiciblement, tardivement, venait le repas. Rarement avant treize heures. Mémé
s’en allait chercher les plats à sa cuisine, des hauts cris stridents
revenaient à nous comme des boomerangs. Ce qui les justifiait de la part de ma
grand-mère, c’était qu’inévitablement, le plat avait été soit disant trop cuit,
la pâte du gâteau brûlée, le poulet trop
sec, etc.
Je
vous rassure tout de suite, au final quand le plat était servi à table, il
était en réalité objectivement parfaitement réussi et surtout délicieusement
bon. Qu’en conclure alors ? De deux choses l’une :
- soit ma
grand-mère était très stressée par le fait de rater la préparation du repas,
elle y attachait tant de valeur, qu’elle en faisait une sorte de paranoïa,
- soit elle savait précieusement ménager ses effets,
cette petite scène habituelle n’ayant pour autre but que de presser chacun à
dire qu’en réalité c’était très bon (dans ce cas, je tiens personnellement à
vous faire remarquer que ce n’était pas la peine de faire tout ce cinéma,
puisque c’était de toute façon excellent et que du coup tout le monde le disait
à chaque fois de bon cœur, sans s’y sentir obligé. Oui, oui j’ai bien dit s’y
sentir obligé, car je sais que vous avez tous du vivre ça au moins une fois
dans votre vie : avaler des bouchées détestables avec un sourire forcé en
s’extasiant « quel délice ! » juste pour ne pas vexer un être
cher ou respecter les bonnes manières).
Toujours
est-il que lorsque ma grand-mère partait en s’affolant vers sa cuisine, c’était
le signal et chacun devait participer à sa manière : aller chercher les
couverts, les assiettes et les verres, les boissons, les serviettes, les
entrées, les condiments, le pain, etc.
En
ce qui me concerne, ce que je préférais, c’était d’aller chercher les
serviettes : elles étaient rangées dans une porte de placard du buffet
aménagée avec une sorte de panier pour y mettre le pain. Il fallait donc
plonger l’avant bras entier pour aller à la pêche aux serviettes. Une fois
qu’on les avait, il fallait demander à qui elles appartenaient : la bleu,
la verte, la rose… La mienne en principe était la rose à carreaux et pour ma
sœur sa jumelle verte je crois (à moins que ce ne soit celle de ma
grand-mère ?), je ne sais pas pourquoi, peut être est-ce ma grand-mère qui
en avait décidé ainsi. Enfin, il en manquait toujours une ou deux, il fallait
alors aller en rechercher des « neuves » dans un autre buffet, celui
du salon et le plus souvent, ma grand-mère m’y aidait dans mes recherches
tâtonnantes.
Pour
revenir à la grande animation générale dont l’objet était de dresser la table
avant le début du repas, ce qui m’a toujours frappé et fait rire, c’est
l’efficacité avec laquelle nous étions capables d’annuler les actions des
autres : quelqu’un posait un tir bouchon sur la table le temps d’aller
chercher une bonne bouteille au grenier? (Oui je sais c’est surprenant chez mes
grand parents la cave est au grenier !) Qu’à cela ne tienne, en
voilà qu’un autre, trouvant ce tir bouchon mal rangé, ne lui laissait guère de
répit et le renvoyait dans son tiroir sans délai.
Le
repas était donc toujours un cérémonial comme vous l’aurez compris. Un
cérémonial, mais un instant précieux surtout où nous étions tous réunis et où
personne ne se levait de table avant que le fromage n’ait été dégusté au
minimum. La teneur copieuse du menu obligeant régulièrement à décaler le
dessert pour ne le servir qu’à l’heure du goûter.
C’était
là une sorte de petite société, me servant d’apprentissage, de répétition de la
vraie. Ma famille ne transigeait pas avec ces règles de vie à table, en faisant
comme un symbole de la bonne éducation, mais aussi je crois de l’unité de la
« cellule » familiale. Ainsi, je me souviens que mon cousin et ma
cousine qui venaient fréquemment aux vacances et certains week end depuis la
région parisienne était moins respectueux de la « discipline »
souhaitée à table (puisque moins bien « habitués »). Et c’est là une
des rares occasions où j’ai pu voir mon grand père se fâchant verbalement
contre eux.
Au
repas donc, mon grand père placé toujours en bout de table prenait des allures
de chef de famille. C’était pour moi bien évidemment un modèle. A titre
d’exemple, à l’adolescence, lui le premier m’a fait boire du vin à table, comme
une façon de me dire « tu grandis, tu deviens un homme ». Mais aussi
« voilà les traditions familiales ». De même qu’à une certaine époque
où mes parents se sont séparés et où je venais seul de chez ma mère le
dimanche midi, il m’a fait conduire sa voiture pour mon apprentissage. A cette
époque là, les repas étaient parfois l’occasion qu’il me raconte ses souvenirs
d’ancien combattant : la seconde guerre mondiale qu’il avait vécue comme
prisonnier devant travailler dans une ferme en Allemagne, puis sa libération
par les russes… Mais tout ça c’est une autre histoire.
jeudi 23 juillet 2009
Petite publication perso à propos de mon fils toujours, avec une toile de fond estivale.
"Dimanche
24 mai :
Ce
matin, je n’étais pas là avec toi, mais de ce que m’en a relaté Audrey, tu
étais à ton aise, pas du tout apeuré dans la piscine, malgré qu’elle soit
grande et qu’il y avait pas mal de monde et d’animation. Tu n’hésitais pas à te
mêler aux autres enfants, bien qu’ils soient pour la plupart plus grands que
toi. Tu chahutais, tu t’éloignais, tu occupais l’espace … C’est vrai qu’à ton
âge tu sembles toujours déborder d’énergie, c’est incroyable !
Cet
après-midi, vers 18h, il faisait très chaud, même au bord de la mer. Le temps
virait presqu’à l’orage. La mer était basse et la plage de galets, noire de
monde.
Tu
as marché tout seul sur l’immense étendue de sable mouillé de la plage du
Havre, telle qu’elle se découvre à marée basse. Mais, avant d’atteindre les
petites vagues, nous avons fait de multiples haltes dans de « petits
bassins » artificiels, amplis d’eau salée, que d’autres enfants plus âgés
que toi avaient construits durant la journée.
Tu
y étais si joyeux, si fier, qu’à chaque fois que nous voulions repartir, tu
n’étais pas d’accord et tu le
manifestais par la voix et par tes mouvements de corps, de façon très
expressive.
Puis,
une fois arrivés au bout de la plage, c'est-à-dire au bord de l’eau, tu as
longtemps joué avec ton petit ballon en plastique, jaune et noir. On le lançait
dans les vaguelettes, pour que tu ailles le rechercher, en courant, au milieu
de l’eau. Tu n’hésitais pas à te jeter à l’aventure, sans te poser de question,
bien que tes entreprises ne soient pas toutes couronnées de succès :
parfois tu attrapais le ballon, parfois le courant le détournait et d’autres
fois encore, tu tombais dans l’eau. Au final, comme la température de la mer
était fraiche, nous nous sommes décidés à regagner les serviettes, puis dans un
second temps la maison.
Ce
soir enfin, comme tu étais tout couvert de sable et de sel marins, il a bien
fallu prendre un bain pour te nettoyer. Tu en as encore profité pour jouer dans l’eau encore une petite heure de plus.
Nous nous sommes même relayés avec ta mère pour te surveiller.
Bref tu es heureux dans l’eau comme un petit poisson. Et c’est une très bonne chose que tu sois à ton aise dans cet élément, car certains adultes en ont une peur maladive depuis l’enfance, qui pour certains d’entre eux ne guérit jamais. A observer de quelle manière tu t’y aventures et tu t’y démènes, cela ne sera pas un problème pour toi de nager dans l’eau. Tant mieux."
MATHIEU A.
mardi 9 juin 2009
Extrait n°6 de mon Journal "En souvenir de ta petite enfance"
Jeudi 21 mai (2) :
Ce midi, nous sommes allés manger à la campagne, chez Pascal à Oudalle, avec les amis. Tout de suite en arrivant, il nous a fallu te coucher, tu tombais de sommeil.
A ton réveil, tu as beaucoup joué avec ton copain Alexis, qui est plus grand que toi et qui est en âge d'aller à l'école , lui, déjà.
Au moment de partir, tous les grands discutaient entre eux, alors avec Alexis, tandis que je vous surveiller, vous avez voulu monter à l'avant de notre voiture, garée dans l'allée de chez Pascal.
C'est lui d'abord qui a pris place sur le siège du conducteur et qui s'est amusé à "prendre le volant", de manière assez timide.
Puis, quand tu as vu ça, tu as manifesté l'envie de monter à l'intérieur, à l'avant, toi aussi. Je t'ai pris avec moi, sur les genoux, sur le siège passager. Cela ne t'as pas suffit, tu as grimpé sur les genoux d'Alexis, qui s'est laissé faire sans rien dire (il t'aime beaucoup et il porte attention à toi, bien qu'il ne soit que juste un petit peu plus grand que toi... c'est remarquable et charmant.)
Contrairement à lui, tu étais très actif derrière "ton" volant. Tu jouais vraiment à faire semblant de conduire avec beaucoup de conviction: tu tournais à droite, à gauche, tu appuyais sur les boutons du tableau de bord (warnings, clignotants, etc). Je t'ai même aidé à appuyer sur le klaxon. tu étais aux anges, et Alexis, en retrait, suivait tout ça avec intérêt.
A vous comparer, Alexis m'a paru plus observateur, plus en réflexion, alors que toi tu étais entreprenant, presque aventurier à la découverte de ce nouveau terrain de jeu
Tu étais si heureux de ce petit tour de manège grandeur nature que lorsqu'il a fallu que tu laisses place à notre vraie conductrice (ta mère), pour rentrer chez nous, tu es entré dans une colère noire. Alexis, interloqué par ta réaction excessive, demandais : "qu'est-ce qu'il a Luca ?"
Sur la route du retour, il n'y a guère que ton "doudou" qui a réussi à t'apaiser, après une dizaine de minutes.
dimanche 7 juin 2009
Extrait n°5 de mon Journal "En souvenir de ta petite enfance"
Jeudi 21 mai (1) :
On a encore repris la route en vélo tous les deux, mon fils. Simplement, cette fois-ci, ce n'était pas le bon moment du tout. A peine deux minutes à pédaler et je t'ai senti dans mon dos.
J'ai d'abord cru que tu t'amusais à me chatouiller. En effet, souvent il t'arrive de me relever le pull pour y glisser ta main malicieuse, ce qui déclenche de mon côté un petit mouvement vers l'avant par réflexe dû au froid de ton contact et à ma surprise. Comme tu éclates de rire, on joue à ça à répétition...
Non, aujourd'hui, tu ne l'as pas fait, comme tu n'as pas non plus gigoté de la droite vers la gauche et vice et versa, à faire tanguer notre petite embarcation, dans ton siège passager, comme à ton habitude...
Bizarrement tu étais calme et silencieux. C'était ton casque bleu que je sentais dans mon dos.
Arrivé au 1er feu, au rond point, je me suis rendu compte à ton reflet dans une vitrine que tu avais carrément piqué du nez. Et oui, j'aurais du y penser : tu étais en manque de sommeil et je ne t'ai pas mis à la sieste en cette fin de matinée. Du coup, je m'en veux. Je me suis retrouvé coincé: parti en balade avec toi, sans mes clés, alors qu'Audrey, ta maman, s'en est allé faire les courses. Enfermés dehors que nous sommes, nous ne pouvons pas non plus abandonner le vélo : je n'ai pas les clés de l'antivol !
Pas de doute, il nous fallait poursuivre la route. Tu as dormi durant tout le trajet jusqu'au square de l'Hotel de ville. Mais cela devait être bien inconfortable dans cette posture, penché vers l'avant.
En plus, à chaque halte, tu avais des sursauts, ça m'a fait culpabiliser. Heureusement, arrivés au square, l'intérêt suscité par les nouveaux jeux que tu découvrais a réussi à t'éveiller. Un sourire rayonnant a pris place sur ton visage et on a pu laisser le vélo dans un coin, prés du grillage, en le surveillant de loin.
mercredi 27 mai 2009
Extrait n°4 de mon Journal "En souvenir de ta petite enfance"
Mercredi 20 mai :
Des fois, je m’aperçois qu’il faut vraiment être attentif à toi pour repérer tous tes progrès quotidiens.
Cela doit aussi être ça d’être père : savoir suivre l’évolution de son enfant au mieux pour l’aider à avancer pas à pas. Il y a certaines aptitudes que tu révèles qui méritent d’être appréciées à leur juste valeur. Pour qu’on t’encourage à les développer. Mais avant de pouvoir t’y aider, il me faut prendre conscience que tu les possèdes.
Ce sont tes « dons » pour la musique qui me surprennent le plus. Il faut dire qu’il y a une intervenante à la crèche qui te stimule une fois par semaine depuis tes six mois !
Hier, avec ta mère, on t’a vu jouer du djembé à la maison. Tu tapais, une main après l’autre, chacune à son propre rythme. Après vérification, nous avons eu confirmation que tu avais eu une initiation au tam-tam la veille à la crèche.
De la même manière, on t’entend parfois chanter « bateau sur l’eau » et si on ne comprend pas toujours les mots que tu prononces, l’air est le bon, c’est évident. Aujourd’hui, c’est « pin pon, pin pon » que tu as entonné, lorsqu’au moment de te coucher, j’ai ouvert un livre où figurait un camion pompier.
Mais avant ça, tu nous as rendu très fiers ta mère et moi. Tu nous as offert à tous les deux nos premiers « vrais bisous » de toi.
Voilà comment ça s’est passé : ta mère as pris l’habitude, avant de t’emmener au lit, de te glisser « va faire un bisou à papa » et toi, tu viens vers moi que je t’embrasse.
Ce soir, comme elle sortait, c’est moi qui t’ai couché. Avant de partir, elle t’a dit « viens me faire un bisou », mais toi, par habitude, tu es venu à ma rencontre et à ma grande surprise tu m’as embrassé sur la joue. Avec le geste de la bouche et le bruit en prime. Quelle douce sensation sur ma joue ! Bien sur, je t’ai dit d’aller embrasser ta mère ensuite avant qu’elle ne parte et tu lui as fait un bisou aussi. Quelle fierté ! Parfois, on t’encourage à faire certaines choses sans voir de résultat venir, mais en fait, il faut à tout prix persister, car tu es bien à l’écoute et tu finis par y parvenir lorsque l’on en s’y attend pas.
lundi 25 mai 2009
Extrait n°3 de mon Journal "En souvenir de ta petite enfance"
Mardi 19 mai :
Ce matin, tu t’es réveillé très tôt comme cela t’arrives parfois (vers 6h). Je ne t’ai pas entendu. C’est ta mère qui est venu t’apporter ton biberon au lit, mais parait-il, cela n’a pas suffit à te rendormir.
Quand je me suis levé, vers 7h15, ta mère finissait de t’habiller, dans ta chambre. J’ai tout de suite souri, car tu étais tout chic avec un ensemble vert : sweet à capuche et tee-shirt rayé à manches longues dessous. Tu portais aussi un pantalon beige, un peu « trappeur » et des petites chaussures marrons et blanches, imitation cuir.
J’ai pensé qu’avec ta mère on développait ton goût pour la coquetterie.
Après, tu t’es baladé avec tes bottes en plastique rouges à la main dans tout l’étage et je me suis dit que tu prenais effectivement déjà plaisir à porter certains vêtements ; que tu avais déjà une histoire commune avec certains, comme ces bottes que tu t’es si bien appropriées (quand tu les as aux pieds, avec ta démarche en canard et ton large sourire, tu es trop rigolo !)
Puis tu es venu dans la salle de bain, où je me préparais. Et ta mère t’as mis « ton » parfum (Monsieur, s’il vous plait !). Voilà que de nouveau tu t’es mis à gambader, cette fois-ci avec ce flacon à la main, tel un trophée dont tu étais fier.
Alors est venue l’heure de partir, déjà, trop tôt…
Ta mère t’a alors demandé de me dire « au revoir », tu t’es avancé vers moi pour me tendre la joue que j’y dépose un bisou. En repartant tu imitais avec ta bouche le son du bisou. J’ai hâte que tu saches me faire un « vrai bisou ».
Ta mère, elle aussi, est venu m’embrasser, mais sur la bouche, elle, et tu as observé ça dans les moindres détails.
Puis, vous êtes descendus et j’imagine qu’elle a du te mettre ta petite écharpe « à la parisienne » comme dit l’un de tes grand-pères.
Bref, monsieur est vraiment coquet. Mais, n’est-on pas un peu coupables d’entretenir ça à ce point ? Plus tard, à l’adolescence, ne voudras-tu pas porter que de la marque ? Ne souhaiteras tu pas te démarquer des autres, par un style vestimentaire hors norme, du genre « gothique » (oh pitié non !) ? Il faut dire que la mode pour les bébés a connu un essor incroyable depuis quelques années, au point que je t’envie certains habits de ta panoplie du « plus beau bébé du monde ».
jeudi 21 mai 2009
Extrait n°2 de mon Journal "En souvenir de ta petite enfance"
Jeudi14 mai :
Ce matin nous avons repris le vélo (il faisait beau). Tu étais, comme toujours, si impatient d’y monter pour faire une balade, que tu as voulu qu’on te mette ton casque à l’avance, avant même d’enfiler ton manteau, alors que je n’étais pas encore prêt à partir de la maison.
C’est vrai que c’est agréable de traverser la ville en vélo, parfois je t’entends fredonner des petits airs et ça me donne à moi aussi envie de chanter. De dire que je suis heureux.
Souvent quand on passe sur les pavés, en rebondissant, on s’amuse à faire varier nos voix au son des vibrations « aaaaaaaaaaaaaaaah ».
Arrivés à la crèche, une des professionnelles m’interpelle pour me demander de te trouver des chaussons pour que tu fasses comme les autres et retires tes chaussures à l’intérieur (en fait, il s’avère que ta mère ne souhaite pas trop que tu aies des chaussons). Et, coïncidence, à ce moment là, justement, une maman arrive avec une nouvelle paire de chaussons pour son fils, et après lui avoir mis, interroge la même professionnelle pour savoir si quelqu’un d'autre pourrait récupérer les anciens chaussons devenus trop petits pour son fils. La salarié a alors dit que compte tenu de la taille, ils iraient surement à « Luca ». J'ai acquiescé. C’est comme ça que tu t’es retrouvé avec une paire de chaussons aux pieds dans la crèche, tu étais si mignon.
[...]
Ce soir, quand je suis venu te rechercher, tu avais l’air bien heureux et tout à fait dans ton élément. A peine si tu m’as remarqué. Cela nous offre beaucoup de plaisir avec ta mère de voir que dans cet endroit tu as tout pour t’y éveiller et progresser. Le dernier exemple qui date d’hier, dans les progrès que tu accomplis, c’est quand ta mère a regardé avec toi un panneau où chaque enfant de la crèche a sa photo, à chaque fois qu’elle ta demandé de montrer du doigt un enfant en citant son nom (« il est où untel ? ») tu as su répondre. Cela nous fait penser qu’on a eu raison de t’y inscrire, que c’était une belle opportunité qu’on a eu. J’aime y passer du temps, être avec toi et les autres enfants. J’aime m’amuser avec vous et profiter de ce petit coin de paradis, si bien que je ne laisserais pour rien au monde qui que ce soit nous le gâcher.
mardi 19 mai 2009
Extrait n°1 de mon Journal "En souvenir de ta petite enfance"
Mardi 12 mai 2009 :
Ton copain de crèche, Simon, tout comme moi, a fêté son anniversaire il y a deux jours, il a 2 ans et moi trente-et-un.
Il pleut. Ce matin, au lieu d’aller à la crèche à vélo, comme nous en prenons l’habitude depuis l’arrivée récente du printemps, nous allons prendre le bus, tous les deux.
Drôle d’idée en fin de compte. A la sortie de la voiture, lorsqu’Audrey nous dépose à l’arrêt de bus sur le boulevard de Strasbourg, le temps que je sorte la poussette du coffre, que je t’y installe et qu’on rejoigne l’abri, nous avons pris une trombe d’eau. A la fin du trajet, pour quitter le bus, c’était « rebelote » pour rejoindre la crèche. Et même à l’intérieur, durant le trajet, nous n’étions pas vraiment protégés, puisqu’une trappe d’aération entrouverte laissait passer des gouttes. Ceci dit, c’aurait été bien pire à vélo…
Arrivé à la crèche tu n’avais pas l’air content de me quitter et tu as pleuré beaucoup, peut être parce que la personne à qui je te laissais en garde était récente à la crèche et que tu n’étais pas trop en confiance avec elle ?
Pour ma part, un père sympa que j’ai croisé m’a proposé de me redéposer en voiture en centre ville et m’a même finalement déposé à la porte de mon travail.
jeudi 12 mars 2009
En marge de l'expo à ECAUX CULTURE ... Ce soir, un poème perso inédit sur la Normandie - Le Vieux-Rouen
Le
Vieux-Rouen.
Qui n’a pas mis les pieds dans les rues
du Vieux-Rouen
Ne peut se figurer c’qu’était la Normandie,
Ne peut imaginer ce duché influant
(Jusqu’en Angleterre d’après ce qu’on en
dit).
D’abord pour y entrer avec de la
hauteur,
Depuis le château de Robert-le-Diable,
Chacun peut admirer, d’un œil
contemplateur,
La cité, d’une vue
presqu’inoubliable !
Dans ce val de Seine, héritage
ancestral,
Un port s’y active, laborieux et rêveur.
Autour, c’est en ville, qu’un prestige
magistral
Revêt les cent clochers, symboles de
ferveur.
Entre les façades tout-en-colombage,
On croirait entendre l’écho sur les
pavés
Des roues des carrosses qui à un autre
âge
Se rendaient à la Cour ou au Vieux-marché.
Quand vient sonner l’heure dans le Gros
Horloge
Ou encore aux cloches de la cathédrale,
C’est une musique semblable à l’éloge
Du grand passé de Rouen fuyant tel un
râle.
dimanche 14 décembre 2008
poème sur la météo normande en quatre temps - 4/4
Le temps normand (4ème partie)
*
Dans c’t’univers charmant qu’tout un chacun côtoie,
Avant d’aller dormir, à l’abri sous leurs toits,
Qu’ils soient en ardoisent ou qu’ils soient en chaume,
Les normands s’font du feu dans l’home sweet home.
*
Une fois dans leurs lits, le vent s’met à souffler.
Les conduits d’cheminée, eux, s’mettent à siffler,
Rendant l’sommeil léger et les esprits songeurs :
Quel temps f’ra-t-il demain : clément ou ravageur ?
*
Comme c’est dimanche, si l’ciel n’est pas couvert,
Sur’ment qu’les parisiens viendront se mettre au vert.
Si, tout au contraire, le ciel est en coton,
C'est qu'd'imenses brouillards nous r'lieront aux bretons.
*




