mercredi 25 novembre 2009
La rumeur contestataire - poème "engagé"
Dans cette civilisation déclinante,
Elle fait office d'ultime salut.
La voilà qui gronde en sourdine.
Inexorable, impartiale et indigne,
Telle une clameur mondaine...
Dans cet immense bal des chimères,
Elle dessine de nobles parures
Pour masquer l'écoeurement
De toutes ces âmes, en souffrance,
Perdues, entre infortune et désamour.
Puisque la tragédie se perpétue,
Qu'il n'est plus question de coopérer,
C'est la rue qui l'a mise en abîme !
Elle s'y faufile par ces sous-sols
Où seul le silence a eu droit de cité.
Puisque l'humanité a ses canalisations,
Ses lieux-dits où règne notre indécence,
Elle transforme en salons de bohèmes
Aux murs amplis d'autographes
Les taudis les plus insalubres qui soit.
Dans ce nouveau monde qui s'annonce
Elle joue le rôle du mythe fondateur.
La voilà qui frappe à nos portes.
Subite, sordide et souveraine,
Telle une insurrection populaire...
Puisque nos utopies font long feu,
Elle se répand comme traînée de poudre :
C'est la rumeur contestataire
Qui naît des cendres de l'incendie
Et dit : "demeurer inactif est suicidaire."
dimanche 19 avril 2009
Poème à propos d'injustice sociale
Il est entré dans
la salle, d’un air ringard,
En jouant au
vainqueur devant tous leurs regards.
Possédant plus de billets
qu’un faux-monnayeur,
Il s’estimait,
parmi ces hommes, le meilleur.
Habité de tous les
tics du grand délinquant,
Il portait des
habits et des bijoux clinquants.
Alors qu’il leur
détaillait son patrimoine,
L’un d’eux a
dit : « l’habit ne fait pas le moine. »
Toutes ses
richesses, qu’il déclarait qu’il les valait bien,
Provenaient de ces
affaires sans foi ni loi
Où les profits se
font sur des pertes d’emploi.
Ils dirent qu’en
tant qu’humain, il ne valait rien.
Et prononcèrent
cette ultime sentence :
« Mis à nu tu
sentiras ton inconsistance ».
vendredi 10 avril 2009
poème "engagé" sur la nature humaine et sur son développement ... non durable pour tous.
Que
ferions-nous, perdus, en pleine nature,
Si
nous nous retrouvions à l’état sauvage ?
Rallier
la campagne ? Que c’est immature.
S’éloigner
des villes ? Nous n’avons plus l’âge.
Nous
préférons vivre dans une imposture,
Nous,
les Hommes (drôles de personnages),
Où
nous ne cherchons plus notre nourriture ;
Où
nous la consommons suivant l’arrivage.
Pouvant
satisfaire tous nos besoins vitaux
(Si
tant est que chacun n’ait sa part du gâteau),
Nous
sommes non contant de cette satiété.
Privés
de la lutte donnant un sens à la vie,
Sans cesse inventons-nous d’inassouvies
envies.
Quelle
artificielle, maudite société.
samedi 17 janvier 2009
Poème sur le monde du travail qui est parfois impitoyable
Au monde
ouvrier en deuil.
Ayons un instant de recueillement
Offert aux victimes de harcèlements,
A celles d'accidents, de maladies,
Aux travailleurs pauvres et enlaidis.
A l'entreprise, c'est comme dans l'armée
Pour toutes ces abeilles acharnées :
La même ambiance qui vous dégrade
Où tout s'organise autour de grade.
Agressivité. Les rapports humains
Se sont réduits à des poignées de mains.
Et beaucoup d'ordres sous haute tension
Finissent par donner des dépressions.
Alors à l'atelier comme au chantier
Pas si facile de rester entier.
Pour certains la paye n'est méritée
Qu'au prix d'un handicap en vérité.
Au risque de finir par en mourir
Il faut toujours courir pour se nourrir.
Depuis ici, Paris, jusqu'en Chine
La main d'œuvre se brise l'échine.
Aïe ! L’atmosphère a l'odeur du cancer
Et ce sont des couleuvres que l'on sert
Dans des conserves à la cantine.
Faut oublier l'âge des comptines.
Attention aux rayons nucléaires
Dans l'usine qui la nuit s'éclaire.
Le jour ? Au soleil qui se lève enfin
Beaucoup sont déjà des anges, défunts.
Avant, le motif économique
En envoie pointer aux assédics.
Les exclut du système bancaire
Et leur rend le logement précaire.
Ah! Mais même ceux restés au travail
Ont bien du mal à assumer leur bail.
Le monde ouvrier se paupérise
Voilà! Fini le temps des cerises.
jeudi 24 juillet 2008
Poème sur la nostalgie de l'époque d'or des bacs de seine
Les
bacs de Seine.
Je me souviens des juins de mon
enfance ;
De ma joie quand nous prenions le bac, à
Duclair ;
De son vent de liberté, quand il
s’élance.
La Seine était
sombre, mais le ciel si clair !
Le moindre des prétextes nous suffisait
bien
Pour prendre un tour de ce merveilleux
manège.
La traversée à cet endroit ne servait
rien
Qu’à la répéter à Mesnil-sous-jumiège.
J’y associe près des berges verdoyantes
Les vergers et leurs fruits mûrs en
cette saison.
Nous achetions mille cerises abondantes
Dont nous nous gavions à en perdre la
raison.
Parfois je vois des images sans lieu ni
mois.
D’autres ont sombré, sans atteindre la
rive,
Dans l’oubli. Tout ça me semble si loin
de moi.
Comme on dit, ce sont des choses qui
arrivent.
Rallions nous, à Jumièges et à
Yainville,
La forêt de Brotonne, sans même
emprunter
De pont ? Choisissait-on cette voie
habile
Via ces deux bacs, eux aussi à notre
portée ?
J’ai nourrit mon enfantin imaginaire,
Quoiqu’il en soit, des moments à bord du
bateau.
J’ai rêvé, le poète pour partenaire,
De courir les continents sur ce « porte-autos ».
Certains de ces voyages m'ont été contés
Comme ceux de ces paysans qui, sur leurs barques
Semblables à des gondoles de
sous-marque,
Virent souvent leurs troupeaux descendre
et monter.
L’ambiance de cette époque, le temps
l’érode.
Perdus dans la réserve de l’Estuaire,
Gisent les vestiges d’un embarcadère.
Combien passèrent par l’ancien bac du
Hode ?
Toujours est-il qu’aujourd’hui l’endroit
est désert.
Au point que seule la nature l’emprunte.
Si l’engin fluvial a laissé ses
empreintes,
Seuls les oiseaux viennent y siffloter
des airs.
M’en allant flâner du côté de Quillebeuf
,
J’ai à nouveau pris ce mode de transport.
Autos et passagers flottants sur ce
support
Semblaient bien se moquer qu’il ne soit
plus très neuf.
Arrivant des alentours de Pont-Audemer,
Tous gagnaient les usines de Port-Jérôme
Où l’air est pétrolifère et plein
d’arômes ;
Où l’ambiance est moins buvable que
l’eau de mer.
Bien dur que cette belle embarcation
large et plate
Soit aujourd’hui tombée en désuétude.
Au lieu des mains projets de ponts à l’étude,
Plutôt accroître ces stations
télépathes*.
*"Plutôt accroître ces stations télépathes" : pourquoi ne pas revenir au bac, comme on le fait pour le tramway? Les transports collectifs sont l'avenir en matière d'écologie
Chromatic, le Havre 2008.
dimanche 23 décembre 2007
poème aux normands (pour les fêtes !)
Seine de nostalgie Maritime.
(Dédicacé à Pascal , aux écologistes et aux agriculteurs normands)
Souvenez-vous de l'âge d'or de ce pays adoré
Quand la nature abondante et fleurie nous le décorait.
Se le remémorer ici m'apparait légitime :
Vous rappelez-vous la contrée de Seine Maritime ?
En marchant, je la revois pleine d'herbe qui se mache.
Ses plaines humides et sages sont surpeuplées de vaches.
Sa mer, la Manche, vient percuter ses côtes sans frein.
Sa Seine, reine alanguie, tourne en boucle comme un refrain.
Avec ces usines, ces autoroutes et ces ports qu'ils ont construits
C'est son âme qu'ils ont pris et son charme qu'ils ont détruit.
L'odeur suffoquante de cette atmosphère incolore
Nous tue tous à petit feu, ce qui ne m'est pas indolore.
Avec ces centrales aux énergies sales dans leurs étals
Ils sont venus souiller le littoral départemental
Et tout n'est plus que pollution le long du fleuve normand.
Les riverains sont toujours éclairés même en s'endormant.
Qu'il était bon le temps des animaux dans sa campagne
Cette époque baroque où elle était douce compagne
Des paysans. Mais, ils l'ont défigurée de traits méchants.
J'ai de la nostalgie depuis l'arrivée de ces marchands.







